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L’air de l’économie collaborative

Source: http://www.etopia.be/

Extrait de "L'économie collaborative, une alternative au modèle de compétition"

 

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Une récente étude réalisée pour La Poste  en France relève qu’un Français sur deux pratique déjà l’économie collaborative (essentiellement la consommation collaborative). Cela recoupe une autre étude récente faite aux Etats-Unis . Plus impressionnant encore, les courbes d’évolution du phénomène (qui feraient plus d’un envieu du côté de l’économie classique) montrent un bon doublement d’échelle à chaque année. Le crowfunding a soulevé 2,7 milliards de dollards en 2012 et plus de 5 en 2013 ; l’économie collaborative représente une trentaine de milliards en 2013. Ceux qui connaisent l’histoire des grains de riz dont le nombre double sur de case en case sur un échiquier (ou la métaphore du nénuphar) ont compris que très rapidement, cette nouvelle économie va disputer une part non négligeable à l’économie classique (51% des Français pensent que ces pratiques seront amenées à se développer).

L’économie collaborative recouvre quatre secteurs, la consommation collaborative, la production collaborative, le financement collaboratif et la « connaissance » collaborative .

Mode de fonctionnement

Le mode de fonctionnement de l’économie collaborative est issu de l’héritage culturel (organisationnel, comportemental, technique…)
du monde du logiciel libre, du web (et NTIC) et d’une posture contestataire (hackers, altermondialistes…). Trois éléments permettent de définitivement distinguer les procédés de cette nouvelle forme d’économie : 
- une logique horizontale inhérente à l’organisation en réseau, au peer to peer, la décentralisation et l’absence de centre unique de décision ; réduit la sphère de la production dirigée et hiérarchisée et étend au maximum la sphère de l’activité humaine autonome et décentralisée ; 


- la mutualisation des outils et connaissances avec un accès libre à tous ceux qui contribuent ; partage par des individus ou groupe d’individus, de biens, d’équipements (immobiliers, ménagers, outils, moyens informatiques, transport etc) et de connaissances (encyclopédie, bibliothèque, œuvres…) de manière à optimiser l’accès à ces ressources et leur rentabilité (par le partage des coûts d’investissement, frais d’entretien, assurance, réparation etc.) 


- une logique coopérative étendue ( crowdsourcing ) liée à des communautés d’intérêt ou locales. Utilisation de la créativité, de l’intelligence et du savoir-faire d’un grand nombre de personnes, pour réaliser certaines tâches.

En découlent :


- une redistribution des rôles, des décisions, des responsabilités avec une plus grande participation de chacun ; 


- une diversité dans la nature des plus-values, la valeur d’usage a plus d’importance, des plus-values non financières ou immatérielles entrent en compte ; 


- un principe d’ouverture, de modularité, de mise à disposition des méthodes, des plans ; 


- l’organisation de boucle de rétroaction pour faire évoluer les biens et services, mais aussi les concepts, qui renforce l’implication de tous les acteurs par le « bénéfice » qu’ils en retirent ; 


- un partage orienté vers les communs avec, entre-autres, des droits d’auteur libres.

Confrontée à la réalité de l’économie capitaliste, l’économie collaborative se décline selon les circonstances : les principes décrits ci-dessus sont donc différemment aboutis selon les pratiques d’économie collaborative. Il est rare de trouver une pratique qui les satisfasse à 100%. Il s’agit dès lors, davantage, dans la pratique, de se rapprocher d’un modèle idéal-typique et dans la théorie, d’apprendre à apprécier de manière critique les différents exemples d’économie collaborative. Elle reste donc une modélisation théorique d’une multitude d’expériences pratiques qui vont toutes dans une même direction : celle d’une sortie du capitalisme entrepreneurial et de ses formes de compétitions.

Pour en savoir plus:

 http://www.etopia.be/spip.php?article2645#nb4

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